Juillet 2026

La société civile alerte sur l'augmentation des violences contre les défenseurs et défenseuses de l'environnement en Amérique latine

De nouveaux rapports internationaux et régionaux confirment une hausse préoccupante des attaques visant celles et ceux qui défendent l'environnement, les territoires et les droits humains.

Les défenseurs et défenseuses des droits humains liés à l'environnement continuent de faire face à une augmentation des violences, de la criminalisation et de l'impunité. Les récents rapports publiés par les organisations de la société civile montrent que l'Amérique latine demeure l'une des régions les plus dangereuses au monde pour les personnes qui protègent les territoires, les ressources naturelles et les droits des communautés.

À l'échelle mondiale, Global Witness a recensé 146 personnes assassinées ou portées disparues en 2025 pour avoir défendu leurs territoires ou le droit à un environnement propre, sain et durable. Le Business & Human Rights Resource Centre a documenté 790 attaques contre des défenseurs des droits humains dans 80 pays, dont près d'un tiers visaient des peuples autochtones. De son côté, Front Line Defenders a enregistré l'assassinat de 357 défenseurs des droits humains dans 27 pays au cours de la même année.

En Amérique latine, la situation demeure particulièrement préoccupante. Lors de la Conférence des Parties à l'Accord d'Escazú, l'International Land Coalition a lancé son Observatoire des défenseurs et défenseuses de la terre, qui recense 581 cas d'agressions entre 2020 et 2025 dans sept pays de la région. Les données mettent notamment en évidence les conflits liés à la protection de l'eau, à la transition énergétique et l'impact disproportionné des violences sur les peuples autochtones et leurs territoires ancestraux.

Les rapports nationaux confirment cette tendance. Au Guatemala, 5 238 agressions contre des personnes et organisations de défense des droits humains ont été enregistrées en 2025. Au Mexique, le CEMDA a documenté 314 agressions, dont des assassinats et des disparitions, avec une augmentation notable des attaques visant les femmes défenseuses de l'environnement. En Colombie, le programme Somos Defensores a recensé 165 assassinats de leaders sociaux et défenseurs des droits humains, soit près de trois meurtres par semaine.

Ces résultats soulignent l'urgence de renforcer les mécanismes de prévention et de protection, de garantir l'accès à la justice et de lutter contre l'impunité. Ils rappellent également l'importance de la mise en œuvre effective de l'Accord d'Escazú, du renforcement de la coopération internationale et de la reconnaissance du rôle essentiel joué par les défenseurs et défenseuses de l'environnement dans la protection de la biodiversité, de la démocratie et des droits humains.

À RIDHE, nous réaffirmons notre engagement à renforcer les capacités de la société civile, à promouvoir des politiques publiques fondées sur les droits humains et à développer des partenariats internationaux contribuant à créer un environnement plus sûr pour celles et ceux qui protègent la nature, les territoires et les communautés.

Protéger les défenseurs et défenseuses de l'environnement n'est pas seulement une obligation des États : c'est une condition essentielle pour construire un développement durable, renforcer la démocratie et garantir un avenir plus juste pour tous.

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